Migrations environnementales : l’état de la recherche en Afrique de l’Ouest

Event Date: 
Wednesday, September 6, 2017 to Friday, September 8, 2017

 

Location:

Ouagadougou

Présentation

Au cours des deux dernières décennies, la recherche sur les migrations environnementales s’est considérablement développée, et l’Afrique de l’Ouest tient un rôle essentiel dans le développement de ces recherches.

Les initiatives politiques se sont également multipliées : en mars 2015, 187 États Membres de l’ONU ont adopté le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe ; ce cadre reconnaît explicitement la nécessité de prendre en compte les déplacements des populations dans la gestion des catastrophes.

En octobre 2015, 109 États ont adopté l’Agenda de protection de l’Initiative de Nansen, qui vise à mieux protéger les droits des personnes déplacées à travers les frontières suite à des catastrophes. Et en décembre 2015, lors de la COP21, l’Accord de Paris a institué un groupe de travail chargé d’examiner les migrations et les déplacements liés aux changements climatiques.

En novembre 2016, la Conférence Hugo a été la première grande occasion de réunir près de 300 chercheurs, académiques et institutionnels à Liège sur la thématique des migrations et déplacements environnementaux. La COP22 de Marrackech a acté la mise en œuvre de l’Accord de Paris et a réaffirmé la nécessité de prendre en compte la dimension climatique et environnementale dans les politiques migratoires.

En novembre 2017, la COP23 aura lieu à Bonn en Allemagne mais sera présidée par les îles Fidji, petit Etat insulaire fortement confronté aux impacts des changements climatiques.

Bien qu’une percée significative ait été faite sur le front de la politique climatique en 2015 avec l’Accord de Paris, elle ne s’est pas concrétisée par une réduction réelle et significative des émissions de gaz à effet de serre, et chaque mois semble enregistrer un nouveau record de chaleur. Pendant ce temps, la crise humanitaire aux frontières de l’Europe et ailleurs dans le monde semble s’accentuer chaque jour, sans solution en vue.

Ainsi, l’année 2017 représente un test de réalité. Au cours de la dernière décennie, des progrès ont été réalisés en ce qui concerne la compréhension des interactions entre les changements environnementaux et les flux migratoires et l’établissement de l’ordre du jour de ces problèmes. Mais les lacunes en matière de connaissances demeurent importantes en ce qui concerne les évaluations quantitatives des flux migratoires, les impacts sur les communautés d’origine et de destination, vers l’encadrement théorique du phénomène, pour ne citer que quelques-unes de ces lacunes.

Aussi, l’Afrique de l’Ouest, étriquée entre le Sahara et la mer, est-elle soumise à de multiples stress climatiques et environnementaux, à la fois continus (désertification, érosion, déforestation, etc.) et soudains (sécheresse, inondations, vagues de chaleur, etc.). Ces dérèglements mènent de plus en plus fréquemment à des déplacements de populations. Ces nombreuses tensions environnementales, combinées à une vulnérabilité importante constituent une entrave pour le développement des pays de l’Afrique de l’Ouest et peuvent présenter un risque pour la sécurité et la stabilité de la sous-région.

 

Objectifs

La question des migrations environnementales devient – depuis peu – un domaine de recherche important et incontournable par rapport aux conséquences du changement climatique et des dégradations environnementales sur les conditions sociales et économiques des populations affectées. L’événement, qui a pour objectif de créer une dynamique régionale de recherche sur ces sujets, sera l’occasion de constituer un réseau pour l’étude spécifique des migrations environnementales en Afrique de l’Ouest. Il constituera le premier réseau régional de l’Association académique internationale pour l’étude des migrations environnementales qui s’est créé à Liège en novembre 2016 à l’occasion de la Conférence Hugo.

En outre, la conférence cherchera à mettre en réseau et à favoriser les projets communs entre les chercheurs basés en Afrique de l’Ouest et les chercheurs étrangers qui travaillent sur l’Afrique de l’Ouest.

La conférence est organisée conjointement par le Département de Géographie de l’Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO (Bukina Faso) et l’Observatoire Hugo de l’Université de Liège (Belgique). Cette conférence entre dans le cadre du Programme de renforcement des capacités pour améliorer la connaissance des migrations climatiques et environnementales en Afrique de l’Ouest. Ce programme financé par l’Agence wallonne de l’Air et du Climat, vise à rassembler des chercheurs et des praticiens des sciences sociales, des sciences du climat et de l’environnement, car ces deux mondes de la recherche restent trop souvent dissociés l’une de autre. L’objectif de la conférence vise également à analyser les multiples interactions entre la mobilité des populations, le climat, l’environnement et les politiques de développement en Afrique de l’Ouest.

Ici vous pouvez trouver plus d’informations sur l’appel de résumés, fixé à juin 30 2017.

 

Points forts clés de la Conférence

    • Réunion majeure de chercheurs, de la société civile et des décideurs sur des questions qui seront essentielles pour la COP23 qui se tiendra du 6 au 17 novembre 2017 à Bonn.
    • Mise en relation des chercheurs qui travaillent en Afrique de l’Ouest et sur l’Afrique de l’Ouest.
    • Possibilité de participer à la constitution du tout premier réseau de recherche d’Afrique de l’Ouest dédié spécifiquement à ces questions.
    • Séance de mentorat pour les étudiants en Master et les doctorants : informations sur les possibilités de carrière, de publications collectives, de participation à des projets de recherche internationaux, etc.
    • Nombreuses interactions avec les praticiens et les organisations clés actives dans le domaine des migrations environnementales.
    • Prix de 200.000 FCFA pour le meilleur papier et 50.000 FCFA pour le meilleur poster de la conférence.
    • Possibilité de valorisation par la publication d’articles dans la série des Working Papers de l’Observatoire Hugo ou dans un numéro spécial du journal GEO-ECO-TROP (Revue internationale de géologie, de géographie et d’écologie tropicales, pour les meilleurs articles.

 

Comité scientifique

Département de Géographie de l’Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO: Dr. Edwige Nikiema

L’Observatoire Hugo: Dr. François Gemenne

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