Recompositions des espaces urbains dans les Amériques

Author: 
Pablo Escribano, spécialiste thématique régional en migrations, environnement et changement climatique pour les Amériques et les Caraïbes (OIM)
Publisher: 
Urbanisme
Tipo de publicación: 
Status: 
Free
Idioma de la publicación: 
French
Year of Publication: 
2020

 

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Confrontées à l’arrivée de migrants environnementaux, des villes d’Amérique présentent elles-mêmes des facteurs de risque. Les migrations climatiques reconfigurent ces espaces urbains sur fond d’inégalités sociales.

L'Amérique latine a connu un processus d’urbanisation remarquable au cours des dernières décennies. Alors qu’en 1950 environ 41,4 % de la population vivait dans des villes, ce pourcentage est monté 75,3 % en 2000 et pourrait atteindre 82,2 % en 2025. Les projections disponibles prévoient l’arrivée de migrants climatiques vers les espaces urbains et périurbains, ce qui rend nécessaire le développement des logements, des transports, des services sociaux et de l’emploi. Certaines villes disposent d’atouts qui les consolideraient comme des pôles d’attraction de migrants climatiques. Ainsi, le plateau central du Mexique et celui de Guatemala City attirent les habitants des zones côtières plus chaudes et exposées à la montée des niveaux des mers.

Le cas de la vallée de Chalco au Mexique, dans l’État de Mexico, permet d’illustrer les défis successifs auxquels les villes sont confrontées. L’expansion de la ville de Mexico avec l’arrivée de migrants internes a touché la vallée de Chalco et les lotissements agricoles préexistants ont été transformés en logements, dans des zones à risque et avec un accès limité aux services sociaux. En 2000, des inondations ont causé d’importants dégâts et provoqué le départ d’habitants vers d’autres régions.