L’avenir des villes face aux migrations climatiques

Author: 
Alice Baillat, Lorenzo Guadagno, Organisation internationale pour les migrations (OIM), et Daria Mokhnacheva, Programme des Nations unies pour l’environnement/Plan d’action pour la Méditerranée (PNUE/PAM)
Publisher: 
Urbanisme
Type de publication: 
Status: 
Free
Langue de la publication: 
French
Year of Publication: 
2020

 

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L’aggravation des impacts des changements climatiques et des catastrophes augmente les flux migratoires, au sein d’un même pays ou entre pays. Pour faire face, une planification urbaine incluant les migrants s’avère indispensable.

Chaque année, des millions d’individus migrent, le plus souvent au sein de leur propre pays, mais aussi en dehors des frontières, par anticipation ou réaction à un stress environnemental. La hausse des températures, la dégradation des sols, la transformation des écosystèmes ou l’appauvrissement des ressources menacent l’habitabilité de nombreux territoires en Afrique, en Asie, mais aussi en Europe et dans les Amériques. Ces migrations ne sont ni nouvelles – l’environnement a de tout temps été un facteur de distribution de la population mondiale – ni faciles à identifier et quantifier. Elles prennent des formes plurielles selon les contextes et les moyens des individus – migrations sur de courtes ou longues distances, internes, régionales ou internationales, temporaires ou permanentes, choisies ou forcées, entre zones rurales ou vers les villes, individuelles ou collectives, etc. – et sont le produit d’une imbrication de facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux. Ainsi, la présence de conflits sur le territoire d’origine, la dépendance des moyens de subsistance à la qualité de l’environnement, le niveau de revenus, d’éducation et de formation, la présence de réseaux familiaux ou communautaires dans les régions de destination sont autant de facteurs intimement liés et déterminant le choix et la capacité de migrer d’un individu. 

Les déplacements de population faisant suite à des catastrophes comme les cyclones ou les inondations font régulièrement la une de l’actualité, en raison de leur ampleur et des crises humanitaires engendrées. En 2019, les catastrophes ont ainsi provoqué 24,9 millions de déplacements internes, soit trois fois plus que le nombre de déplacements liés aux conflits et autres formes de violence. Des processus de dégradation plus lents, tels que la hausse du niveau de la mer, les sécheresses ou encore l’évolution des régimes de précipitations, moins visibles car plus diffus, menacent toutefois les moyens de subsistance, l’accès à l’eau, à la nourriture et à l’emploi de millions de personnes et influent sur leur décision de migrer en quête de conditions de vie plus sûres.